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Koftas de poisson {plat indien}

10 Commentaires

Les lignes qui précèdent la recette n’ont rien à voir avec la recette. J’ai calé ça là, comme ça, parce qu’il était minuit, que je fumais une cigarette alors que ça me faisait atrocement mal à la gorge, que j’avais mangé un hamburger énorme alors que j’avais pas faim, que j’avais dix statuts Facebook qui me venaient à l’esprit alors que c’est indécent de poster autant, que j’avais la rhinite allergique la plus virulente que j’ai jamais eu, mais que, malgré ça, je laissai ma fenêtre grande ouverte sur un érable meurtrier. Bon, je mets ça là, comme ça, parce que, quand même, ça parle de cuisine, ou ça en a l’air, au moins.

Y’a bien qu’en cuisine que ne s’applique pas la règle de la passion dévorante. Non, en cuisine, c’est toi qui bouffe ta passion, tu la dévores, et à coups de fourchette. Non mais, tu crois pas que c’est malsain tout ça, sérieusement ? Tu as conscience que tu réfléchis à un plat, tu vas acheter des ingrédients, tu cuisines pendant une, deux, pourquoi pas trois heures, et là après, tu engloutis tout ?
J’appelle ça du sadomasochisme : je suis la créatrice et la destructrice de ce que je fais.
La cuisine est une passion schizophrénique. Un jour elle gagnera, et je jetterai tout, de ma spatule en silicone à mon mini-mixeur si précieux à mes yeux, rien que pour marquer le coup, comme ça, pour dire merde à cette connasse de bouffe périssable.
Tu en as vu d’autres avec des pulsions de mort pareil ? Des gens qui peignent et mettent leur coeur à ce qu’ils font pour ensuite déchirer morceau par morceau la toile, avec un plaisir évident, pire, ça serait dans ce geste-là qu’ils trouveraient le maximum de satisfaction. Tu ne vas pas me dire que quand tu fais un risotto, le moment où tu prends le plus ton pied est quand tu tournes le riz dans sa casserole. Faux ! C’est une fois le risotto cuit, achevé, que tu te mets à le dévorer jusqu’au dernier grain. Tu vas jusqu’à collectiviser le meurtre de ton risotto : tu partages ça avec tes proches, tranquillement assis autour d’une table, serviette au cou, un peu de bave sur le coin inférieur de la bouche, yeux fermé de plaisir, avec comme seul bruit les mastications de tous ces sanguinaires. Ils sont tous acteurs eux-aussi de ce suicide extériorisé.
J’aimerai avoir le cran de m’éclater à faire un plat, à doser les épices de façon à avoir un équilibre parfait, à travailler avec des aliments de couleurs complémentaires, à sortir ma plus belle vaisselle, et, ne jamais le manger. Mais là encore, c’est voué à l’échec. Le plat pourrirait, tu te rends compte, même si tu décides de ne pas le détruire, il se dégradera lui-même.
Tu n’as pas le choix : tu es vouée à ressentir de façon directe cet aspect éphémère des choses : tout est dans l’instant présent.  La bouffe, c’est le temps.

Et là je me demande comment je vais enchaîné sur ma recette avec ce grand n’importe quoi au-dessus. Bah, comme ça,

Pour réaliser cette recette, il vous faut : (pour 2 personnes)

– 1 filet de poisson blanc (j’ai pris du lieu noir, poisson peu cher et n’ayant pas un goût prononcé, idéal pour cette recette épicée)
– 2 oignons blancs
– 1 bouquet de coriandre fraîche
– 1 petit morceau de piment ou 1cc de piment en poudre
– 4 tomates
– 2 gousses d’ail
– 1cs de coriandre en poudre
– 1cs de cumin moulu
– 1cs de curcuma moulu
– 1cc de cannelle

Couper le lieu en morceaux. Le pocher : le mettre dans un grand volume d’eau froide salée, et faire chauffer à feu moyen entre 5 et 8 minutes, toujours en évitant l’ébullition qui assèche le poisson. Attention, ne pas jeter l’eau de cuisson.
Mixer le poisson cuit, 1 oignon émincé, le bouquet de coriandre et le morceau de piment. Ne pas mixer trop sinon les koftas seront plus compliqués à former.


Prendre une petite poignée du mélange mixé et lui donner la forme d’un kofta, en le roulant sur une assiette pour lui donner une forme allongée.
Mettre au frais pendant 1h pour solidifier les koftas.
Dans une poêle, mettre un peu d’huile neutre. Faire rissoler le deuxième oignon finement émincé, les gousses d’ail hâchées, et laisser cuire jusqu’à ce qu’il deviennent translucides. Ajouter les tomates (pelées et en très petits morceaux), les épices, et un bol d’eau de cuisson. Laisser mijoter à feu moyen 1/2 heure sans couvercle afin d’avoir une sauce épaisse.


Dans une autre poêle, faire revenir les koftas en les tournant de temps en temps, afin qu’ils soient dorés.
Une fois les koftas cuits, servir avec la sauce, et du riz (cuisson pilaf).

10 réflexions sur “Koftas de poisson {plat indien}

  1. Ouaaaah, Superbes photos, et ce poisson… Donne vraiment envie .. hihi
    Et tu as du avoir du mal à trouver ce modèle de mains, vraiment très belles, elles aussi !!😀

  2. Ton plat est très appétissant! J’ai super envie d’y goûter !

  3. En plus d’une recette qui a juste l’air à mourir (miam toutes les épices !), tu as une réflexion très juste sur cette passion de la cuisine.

    Je n’y avais pas encore réfléchis de cette manière, mais c’est vrai que c’est nous qui dévorons cette passion plutôt que l’inverse. Quand on y pense, c’est bizarre.
    Tout comme le fait que de toute façon ce qu’on aura cuisiné disparaîtra. On ne peut pas conserver un plat comme on conserve un tableau de peintre (et je ne parle pas des conservateurs qu’on trouve dans les boîtes de conserve). On ne peut pas le restaurer et le mettre derrière une vitre pour le garder le plus intacte possible.
    C’est nous qui nous restaurons de ce qu’on a cuisiné.

    Et ça ne me dérange pas, finalement. Après tout, les meilleures choses ont une fin, non ?🙂

    • @Leticia, @leeyaa, merci beaucoup les filles, contente que ça vous plaise !
      @Pauline, merci pour ce commentaire si délicieux à lire haha, et tu as bien raison, les meilleures choses ont une fin, alors réjouissons nous en !

  4. c’est super sympa comme recette et ta réflexion sur la nourriture et son caractère éphémère m’a bien plu aussi !

  5. Une petite merveille ce plat, du poisson et des épices , un mélange plus que que délicieux! Et quel bel article, une façon de voire notre passion, mais la cuisine est une passion qu’on dévore et c’est comme ça, sinon on aurait été peintres, illustratrices, ou meme sculpteurs de pierre! C’est bon de se faire plaisir, alors le mieux est de pas trop se poser de question! et de piquer a pleine fourchette!

  6. Un grand oui ! Un vrai délice ces koftas de poisson aux allures indiennes, je ne peux que m’incliner et n’avoir qu’une seule envie, y plonger ma fourchette !
    Une belle semaine !

  7. merci pour cette recette indienne, j’adore tes photos ! Et que ça doit être bon !

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