Apologie du fast-food ou comment Macdonald est victime d’une grande supercherie

7 Commentaires

Une big girl en thérapie culinaire se doit de se confesser. Toute thérapie réussie passe par une acceptation de soi et de ses péchés.  Je m’allonge sur la banquette du fast-food pour tout vous dire. Je vais mettre french fries sur plateau : oui je cuisine des produits frais, je fais attention à leur provenance, mais non je ne résiste pas une minute quand je passe en voiture devant un drive. Le simple fait que j’utilise ici le mot « drive » montre de façon directe l’étendue de mon avilissement à la pseudo culture américaine. Je suis américanisé/mécanisé/bêtifiée.
Je jure que j’ai pourtant été complètement révoltée quand j’ai vu « supersize me » , que j’en ai parlé autour de moi pendant des mois, en étant convaincue que dire non à la mal-bouffe était une question de morale, de principe, etc… Mais…. en vérité… au bout d’un mois j’ai rattrapé tous les fast-foods manqués, j’ai ravalé ma frustration, et depuis, j’en suis toujours au même point. Même pire. J’adore vraiment ça. Morgan Spurlock est un américain torturé par sa nationalité dans laquelle il ne se reconnaît pas, c’est un mal-baisé, complexé d’avoir une plus petite voiture que son voisin, refoulant son complexe d’infériorité en faisant des expériences débiles sur la super trop bonne bouffe américaine. Normal que le ga meurt à la fin de son film : de 1) en farouche fervent de l’anti-américainisation, il est conditionné à étrangler la vieillotte et ennuyeuse happy-end     2)     non mais c’est quoi cette idée de lui faire manger des fast-food XXL matin, midi et soir pendant un mois ? Tout excès est mauvais, même un concombre inoffensif, mangé de façon si exclusive, finirait par te dérégler le transit intestinal.
[Ci-dessous, moi en photo avec ma frite d’amour, coucouuuuu ]


Je pense être victime de ces petites substances qui rendent addicts ton cerveau, qui déclenchent ce circuit de merde de la récompense. Facile ? Il faut bien se déculpabiliser comme on peut.
Une publicité macdo vers 20h m’assure à 60% une sortie imprévue en jogging miteux, et si j’ai déjà mangé, pas grave, il y a toujours les « ptites faims » à moins de deux euros (vachement plus chéro qu’un Grany quemême)
D’ailleurs, ce soir, la pub m’a eu, encore une fois [et pourtant, mon jour de shampoing, c’est demain = ce soir, j’avais la frange + grasse que les frites]. Je vois ces rondelles de tomates bien rouges, ces feuilles de laitue, avec de jolies goutelettes d’eau fraîches, non mais sérieux tu les as vu les gouttes d’eau ? Dingue non ? T’as ça toi, quand tu balances un morceau de laitue sur ta tortilla Old el Paso ? [et pourtant, y’a dl’ambiance dans ces boîtes jaunes ! ]
Et cette sauce si légère, qui a l’air de planer au-dessus de l’air, oui, elle vole, clairement. Et, tu l’as vu, l’employé macdo, avec son tube de sauce ? Il en met un petit filet très fin, un peu comme Norbert quand il sauce un filet de cabillaud d’une sauce à l’aneth.

Tout a l’air si évident, si simple, voilà ce qu’il y a dans ton wrap : une tomate, trois feuilles de laitue, et un poisson légèrement pané. C’est clair, concis, trois ou quatre ingrédients, « on sait c’quon mange quoi ! » [LOLILOL] J’ai pris mes clés. J’ai roulé. Je suis venue comme je suis.  Je suis venue donc je suis.  (?!)
J’ai mangé. J’ai adoré.
ps : regarde bien les regards sur ce spot publicitaire. Regarde-en un, juste un, précisemment. T’as pas l’impression qu’elle te dit : « héhé, moi j’ai mangé un macdo et maintenant je suis plus heureuse que toi, je suis fine, pétillante, belle, alors maintenant, VIENS si toi aussi tu veux ETRE comme moi »
Délire paranoïaque ? Noooooon


Et le Mc Baguette, alors là, alors là, c’était fou ! Une vraie crazy big girl quand la pub passait : Bob Sinclar, laisse moi te dire que le jour où tu as remixé cette chanson de Yves Montand (non mais franchement, tu as osé ?) pour Macdo, alors là, tu as vendu ton âme. Et c’est si bon ! Cette pub m’a fait danser, danser, danser, c’est si bon (tin tin tin, tin tin tin tin). Et cette baguette ? Non mais qui est le boulanger de Macdo ? Où est cette pierre sur laquelle cuit ce pain ? Non mais tu rends compte, une pierre ! C’est cro-magnnonnn !! Toute cette farine, cette bonne farine qui sort tout droit du moulin à vent d’à côté, cette tranche d’emmental, douée de ressort, prête à bondir dans le pain à la française pour lui faire du hula hoop (?!).
Encore dans cette recette, le client a droit à une totale transparence, il sait c’qu’il mange, [LOLILOL], voilà les ingrédients : pain cuit sur pierre, sauce à la moutarde, salade, emmental français. Alors, héhé, c’est cool non ?! Je dirais même que : 

C’est si bon
De partir n’importe ou, (de bouffer n’importe quoi)
Bras dessus, bras dessous, (du pain roulé sous les aisselles)
En chantant des chansons. (de façon saccadée sur le rythme d’une musique hyper speed)
C’est si bon

« Un 280 normal ? »   « euhhh non Chollliiiizo »

Ma première théorie : pauvre Macdochou est victime d’une totale supercherie, une machination incroyable. Des petits gros énervés ont voulu lui mettre leur obésité sur la frite. Pauvre petite multinationale qui ne veut que nous faire manger de belles tomates fraîches dans un pain aux céréales, qui se bat pour nous offrir un repas chaud à moins de 7 euros, sniff sniff [LOLILOL]. Ah c’est facile de tout mettre sur le dos des autres, des gens qui travaillent dur pour concevoir une nourriture de qualité, on la mange, et puis on se plaint, ah c’est beau ! Il a bon dos le PDG de macdo, laissez le donc tranquille, pauv ch’ti chou innocent.Tiens, je me demande bien combien il pèse, Jim Skinner ?  Et puis, après tout, si t’en veux pas, bah t’en manges pas !
Pour cela : tu fermes donc les yeux à ton arrêt de bus devant la porn’pub d’un hamb dégoulinant = tu loupes ton bus, arrives en retard, te fait plaquer par ton mec, cette fois, c’est la fois de trop, tu finis seule et grosse / tu éteins la tv pendant les pub, loupes le moment crucial de ta télé-réalité préférée, regarde la redif sur l’ordi de ton copain, cette fois, c’est la fois de trop, tu finis seule et grosse/tu te bouches le nez en passant devant le énième macdo de la rue commerçante pour ne pas sentir l’odeur des frites chaudes, ton mec croit que tu critiques son nouveau parfum acheté chez Auchan en réduc’, cette fois, c’est la fois de trop, tu finis grosse et seule)

Ma deuxième théorie : je suis victime d’un syndrome de Stockholm très puissant. J’aime d’amour mon agresseur, mon kidnappeur, par une stratégie d’auto-défense inconsciente. J’ai finis par tombé amoureuse de la personne qui m’a emprisonné dans un corps de big girl. Rien que pour réduire cette dissonance en moi. Macdo me fait du mal, mais je l’aime quand même, enfin, quand je suis à la borne, quand j’ouvre mon hamb, quand je croque dedans, quand je trempe mes frites dans la sauce, mais, je ne l’aime plus quand j’en sors, lourde, repue, avec 6,40€ débités sur mon compte.

7 réflexions sur “Apologie du fast-food ou comment Macdonald est victime d’une grande supercherie

  1. Super Size Me, c’est de Morgan Spurlock, pas de Michael Moore. Avec lui, qui avait pris de l’avance, le titre aurait dû être Hyper Size Me ?😉

  2. tès chouette mais attention michael moore n’a pas réalisé le supersize me c’est morgan spurlock😉

  3. J’adore te lire ^^ je ne suis pas aussi folle de Macdo que toi mais une fois de temps en temps j’aime bien🙂

  4. Haha, j’adoooore😛 !

  5. Pingback: Pastitsio {macaroni grecques} « Big Girl Cooking

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